Les 3 phénomènes du vieillissement : l’acidose

Voilà, je commence une série de 3 articles qui me tiennent à cœur. 3 articles pour expliquer pourquoi le corps vieilli. Comme ça c’est pas super joyeux. Mais quand on y réfléchit, si on comprend le problème, généralement on sait y remédier plus efficacement. Un tour de magie n’a rien d’extraordinaire quand on connait le « truc ».

C’est un peu pareil ici, je vais essayer de vous expliquer le mieux possible les « trucs » de la nature, de l’anatomie et de la physiologie pour que vous compreniez comment y remédier (en partie, bien entendu). Alors, oui, il y aura un peu de chimie mais je vais y aller progressivement et surtout pensez à me poser des questions en commentaires si certaines choses ne sont pas claires.

Il y a 3 phénomènes du vieillissement : 2 sont « naturels » et le 3e est « alimentaire ».

Les deux phénomènes naturels sont l’acidose (oui on s’acidifie) et l’oxydation (oui on rouille). Le 3e phénomène, alimentaire, est la glycation (oui on caramélise).

Aujourd’hui, on parle du premier cité. J’appelle à la barre : l’acidose.

Le pH (ou potentiel Hydrogène)

Comme toute chose, tout est une question d’équilibre. Comme avec la température de 37°C, le corps fonctionne de façon optimale à un certain pH. Le pH mesure la quantité d’hydrogène dans un liquide, un milieu, une substance. Il varie de 1 à 14. Quand on dit pH 1, c’est hyper acide (ça attaque tout) et quand on est à pH 14, c’est hyper basique comme la soude (ça attaque tout aussi, le Destop c’est de la soude et ça attaque les bouchons dans les canalisations). Rappelez-vous en cosmétique, les crèmes, les gels douches, les savons,…on dit souvent pH neutre. Ca, c’est que le pH est à 7. Il n’attaque pas car il y un parfait équilibre entre acides et bases (pour ces derniers on dit aussi alcalins)

Le pH - LA SCIENCE PAR LES IMAGES :)

Là où le corps humain est fascinant c’est qu’il fait cohabiter des zones en pH neutre tout près de zones au pH acide.

Un exemple : l’œsophage ce long tube qui relie le fond de la bouche à l’estomac est à pH 7 alors que l’estomac est à pH 2 car présence d’acide gastrique pour digérer les protéines. Ces deux tissus sont séparés par un sphincter (une sorte de muscle rond qui ne laisse rien passer…un peu comme une vanne). Cependant, quand l’estomac est trop plein (après un bon repas), le sphincter peut s’ouvrir et l’acide gastrique peut remonter le long de l’oesophage ce qui est très douloureux (c’est une des causes du reflux gastro-œsophagien ou RGO). C’est douloureux car le tissu de l’oesophage n’est pas du tout fait pour vivre en milieu acide, à la différence du tissu de l’estomac qui est protégé physiologiquement de l’acidité ambiante par un mucus (une sorte de liquide visqueux) produit par des cellules qui composent ledit tissu gastrique et qui sont absentes dans le tissu œsophagien…fascinant et rudement bien fait!!!

Ca c’est un exemple mais en règle générale, les cellules du corps ont besoin d’un milieu à pH 7,4 pour fonctionner de façon optimale. Le milieu doit dont être légèrement alcalin.

L’équilibre acido-basique

Comme vous pourrez le constatez sur le diagramme ci-dessous, les variations de pH ne sont pas tolérables pour le corps et les cellules.

Source : Christopher Vasey

On voit bien que le pH ne peut pas aller au delà de 7,8 (on dit qu’on est en alcalose car le milieu est devenu trop alcalin) ou en dessous de 7,35 (on dit acidose car le milieu est trop acide).

En réalité, il faut impérativement que les liquides autour et dans la cellule maintiennent ce pH à 7,4 pour avoir un fonctionnement optimal.

Le problème c’est qu’il y a de nombreuses sources d’acidité :

  • La première c’est l’activité des cellules qui, pour construire des protéines, respirer et créer de l’énergie, dégage des déchets et notamment des acides (on dit que c’est une source endogène car elle vient de l’intérieur du corps). Sur cela, on ne pourra pas faire grand chose;
  • La deuxième c’est l’environnement dans lequel nous vivons qui est un parfait cocktail pour créer de l’acidose tout seul : une alimentation moderne acidifiante, un sommeil aléatoire et du stress.

Toutefois, le corps est une machine merveilleuse qui a de la ressource. Enfin des ressources en l’occurrence, des ressources (ou réserves) de minéraux basiques ou alcalins. Il va utiliser ces « bases » pour neutraliser les acides (on dit qu’il va « tamponner » les acides, d’où le nom de système tampon qu’on utilise aussi).

A chaque fois qu’il y a de l’acidité, le corps va donc « lâcher » des solutions alcalines en réserve pour provoquer la réaction chimique suivante :

acide + base = sel neutre (pH neutre) + eau

Et le corps sait éliminer l’eau (par l’urine) et les sels neutres (par les reins et l’urine). C’est donc magique (en fait chimique) et tout va bien…

…pas si sûr car comme évoqué plus haut, notre mode de vie est très acidifiant et les réserves alcalines de notre corps ne sont pas illimitées. Si on ne prend pas tout ça un peu au sérieux, l’excès chronique d’acidité va s’installer et s’aggraver petit à petit pour déboucher vers l’acidose. Malheureusement, un terrain en acidose (on dit « acidifié » pour simplifié) c’est le lit à toutes sortes de désagréments ou de maladies. Et c’est sur un terrain acidifié que l‘inflammation chronique va s’installer. Il s’agit, ici de prendre conscience de la chose.

C’est un peu comme le traitement qu’on fait à la planète en surexploitant ses ressources. Il faut limiter la source des acides et préserver ses ressources alcalines. Nous verrons les techniques naturo en fin d’article.

Les conséquences de l’acidose

Plus l’acidose s’installe, plus le corps va puiser dans ces réserves alcalines. Mais où se trouvent-elles ces réserves alcalines?

Principalement dans les os et les dents et un peu dans les tissus. Ca veut donc dire que plus le mode de vie est acidifiant (nourriture, sommeil, stress), moins il y aura de minéraux pour tamponner l’excès d’acidité. Moins de minéraux, c’est la déminéralisation qui progresse et qui fragilise les tissus.

On comprend bien que si les minéraux s’échappent des os et des dents, il va y avoir des problèmes comme de l’ostéoporose, des déchaussements de dents,…

Les acides non éliminés vont donc se stocker dans le corps, notamment sur les articulations ce qui peut provoquer des tendinites chroniques (muscles), de l’arthrite, des lumbagos, de la sciatique ou de l’arthrose. On dit généralement que les craquements osseux (au niveau du coup) sont un signes d’acidose.

L’excès d’acide va également provoquer des problèmes sur les organes chargés de les éliminer : notamment les reins (des brûlures urinaires, des cystites peuvent être un signe d’acidose) ou la peau (craquelure, démangeaisons,…).

Mais les problèmes articulaires ne sont pas les seuls conséquences d’un terrain acidifié :

  • on peut également citer la fatigue (le corps n’est plus dans les normes physiologiques ce qui l’épuise),
  • des micro-lésions de la peau (comme on l’a vu) ou des tissus au contact de l’extérieur (poumons et système digestif), ces micro-lésions vont faciliter le passage de bactéries ou de virus qui vont provoquer davantage d’infections,
  • généralement, en naturo, on considère que toutes les inflammations aigues (tous les soucis qui finissent en -ite) : sinusite, arthrite, tendinite, cystite,…) sont un signe clair d’acidose…pensez-y quand vous n’arrivez pas à vous débarrasser d’une tendinite après 10 séances de kiné,
  • le système nerveux est plus sensible : dépression, stress, mauvais sommeil
  • les phanères sont fragilisés : cheveux ternes ou chute de cheveux, ongles dédoublés ou striés,…

Ca fait quand même pas mal de chose…

Sources d’acidose

J’en retiendrai 3 pour ne pas surcharger cet article qui est déjà bien fourni 😉

L’alimentation : Notre alimentation moderne est acidifiante; il faut revenir à des aliments moins transformés, bio et surtout de saison (on oublie les tomates en hiver!!!)

  • Les aliments acides : tout ce qui a un goût acide (vinaigre, épinard, oseille, rhubarbe, agrumes), le café,
  • Les aliments acidifiants : toutes les protéines sont acidifiantes mais les protéines animales le sont davantage, le lait et produits laitiers sont hyper acidifiants (entre autres choses), le sucre est très acidifiant, les oléagineux (sauf les amandes)

Le stress est beaucoup plus acidifiant que l’alimentation donc sa gestion est essentielle à l’équilibre et à la santé

  • Un excès de stress entraîne adrénaline et cortisol qui, secrétés de façon chronique, sont délétères pour le corps,
  • Un excès de stress capte le magnésium et la calcium du corps, substance alcalines indispensables à l’équilibre acido-basique, et qui va venir perturber la 3e source d’acidose qu’est l’alternance veille-sommeil.

Le Sommeil est indispensable à l’équilibre général du corps. La phase de détoxification se faisant la nuit, il est important de bien dormir. Si vous dormez mal, prenez les mesures qui s’imposent pour restaurer le sommeil. Au delà de l’acidose, dormir est fondamental pour être en santé. C’est d’ailleurs le sujet d’une des conférences que je donne en entreprise.

Remèdes naturelles à l’acidose

  1. Adopter une alimentation saine : moins de viande, moins de lait, moins de sucres (y compris pain blanc, pâtes blanches,…), moins de plats industriels plus d’aliments alcalins et plus de fibres (légumes, fruits remplis de vitamines et de minéraux, à consommer le plus cru possible, si vos intestins vous le permettent), plus d’eau
  2. Oxygénation : facile à la campagne (balade en forêt, au bord de la mer,…), plus difficile en ville mais pensez à de l’exercice physique même chez vous (confinement oblige) avec transpiration pour éliminer les excès d’acides. Le bol d’air Jacquier est un super produit anti-acidose,
  3. Alpha-thérapies (ce terme regroupe toutes les techniques permettant de mettre notre corps au diapason des ondes alpha, celles de la détente et de la relaxation) afin de gérer le stress : relaxations, cohérence cardiaques, sophrologie, respiration ventrale. Une aide extérieure est parfois nécessaire pour cela
  4. Reminéralisation : la prêle et l’ortie sont d’excellente reminéralisante. En infusion ou en EPS (extrait de plantes standardisées)
  5. Drainage : l’hiver n’est pas propice aux drainages mais dès le printemps, pensez à aider votre foie (desmodium, chardon-marie,…), vos reins (sève de bouleau, piloselle, frêne,…) et votre peau (bardane) à éliminer l’excès d’acidité.
  6. Restaurer votre sommeil : moment calme le soir, tisanes, méditation, lecture, musique…à vous de trouver ce qui marche mais ne laisser pas les insomnies s’installer trop longtemps. Au pire, de la mélatonine quelques jours de suite peuvent remettre l’horloge interne dans le bon sens.

Avant- dernier point

Vous aurez compris que le jus d’orange est à bannir (surtout en hiver, aberration totale) ainsi que les autres agrumes. Le citron est un cas à part car il peut être acidifiant (sur des personnes longilignes) ou basifiant (sur des personnes brévilignes). C’est au cas par cas et là, il vaut mieux voir un professionnel de santé.

Ce qui est sûr c’est que l’huile essentielle de citron n’est pas acidifiante car elle est issue du zeste et non du jus. En plus, elle protège le foie donc un geste santé le matin, c’est 2 gouttes d’huile essentiel de citron dans un verre d’eau à jeun.

Derniers points 😉

Vous trouverez facilement sur internet la liste des aliments acides, acidifiants et alcalinisants. Je ne la mets pas dans cet article à dessein car les généralités ne sont pas forcément adaptées à vous et votre mode de vie. L’individualisation est de mise, ici encore.

L’indice PRAL (Potential Renal Acid Load) mesure l’effet acidifiant ou alcalinisant des aliments consommés, par l’intermédiaire de la mesure de l’acidité des urines produites par la suite. C’est intéressant de le connaitre pour faire sa petite enquête quant à son alimentation.

Christophe Vasey, naturopathe suisse a fait un excellent travail de synthèse avec deux livres :  « L’équilibre acido-basique » ou « Gérez votre équilibre acido-basique » .

C’est tout pour cette fois.

Merci encore de votre fidélité. J’écris à raison d’un article par mois car ils prennent longtemps à écrire. Et comme ça je vous submerge pas de newsletter 😉

N’hésitez pas à me questionner si des éléments ne sont pas clairs. Je répondrai avec plaisir.

Prenez soin de vous.

Laurent LE GOFF

Les bases de la naturopathie : les 3 cures

Rappelez-vous, nous avons déjà vu les 5 -ismes de la naturopathie : vitalisme, humorisme, causalisme, hygiénisme et holisme. Nous avons également vu les 10 techniques sur lesquelles se basent la naturopathie pour prendre en charge les clients vers un mieux-être.

Ici, nous allons parler de la synthèse nécessaire que nous devons faire quand nous voyons un client. Une séance de naturopathie se déroule en 3 temps :

  • d’abord la partie « civile » avec les renseignements de l’état civil de la personne (nom, profession, antécédents,…)
  • une partie dite « systémique » où le naturopathe fait ce que l’on appelle une anamnèse (c’est-à-dire un questionnaire) des différents systèmes qui constituent le corps humain (digestif, nerveux, respiratoire, ostéo-articulaire, génital,…) => à ce moment là, la vision globale commence à se mettre en place car les réponses nous donnent des pistes et des liens entre les différents symptômes qui peuvent paraître distincts (une migraine et une mauvaise digestion par exemple)
  • une dernière partie de « bilan » où le naturopathe par l’observation de la personne (rapport haut du corps- bas du corps, observation de l’iris de l’oeil,…) va identifier plusieurs éléments dont la vitalité et les pré-dispositions.

Après ce travail et pour garder une méthode claire à donner au client, le naturopathe va recommander une « cure » à son client.

Les 3 cures sont ici des vrais « guides » pour nous aider à choisir telle ou telle techniques.

Il existe 3 cures : celle de détoxification, celle de revitalisation et celle de stabilisation.

Passons les en revue rapidement.

La cure de détoxification

Cette cure est préconisée quand les « surcharges » sont plus importantes que les « carences ». On entend pas surcharge tout ce qui est en « trop » (apport calorique, poids, sucre, gras,…) et carences tous les manques au premier rang desquelles viennent les vitamines et les minéraux.

L’objectif c’est rétablir la vitalité en éliminant la source des surcharges qui sont la cause des déséquilibres observés. Typiquement, beaucoup trop de cholestérol et de tri-glycérides, des obésités,…

Cette cure n’est envisageable que pour les gens qui ont une bonne vitalité naturelle (bien charpenté en somme => plutôt « bûcheron » que « fil de fer »).

Assez logiquement cette cure prendra trois axes :

  • une diète pour limiter l’apport des « mauvaises choses »,
  • un activation des émonctoires (les portes de sortie de notre corps) que sont la peau, les poumons, les reins et l’axe foie-intestin pour une élimination optimale des toxines (notamment par le biais des plantes, des massages et de l’exercice physique)
  • une reconnexion avec le corps souvent défaillante (encore une fois via les massages ou les Fleurs de Bach® par exemple)

Cette cure dure en moyenne entre 1 mois et 3 mois.

La cure de revitalisation

A l’inverse de la cure de détoxification, la cure de revitalisation est préconisée quand les carences sont plus importantes que les surcharges. Ça peut être des carences en protéines, en vitamines, en minéraux ou en enzymes par exemple.

L’objectif ici est de combler les carences sources de dévitalisation afin d’accroître et de restaurer une vitalité optimale.

Elle est très souvent nécessaire de nos jours car l’alimentation occidentale crée des carences en vitamines, en minéraux et en enzymes.

Ici, les axes de travail sont :

  • la mise en place d’une correction alimentaire remettant le cru, le vert et la diversité au goût du jour. L’idée est notamment de consommer davantage de fruits et de légumes et de passer à une alimentation plus végétale même pour les apports en protéines avec légumineuses par exemple ;
  • cette correction alimentaire de « base » est complétée par une individualisation pour le client selon ses carences et ce qu’il aime et déteste (on perd un client à lui retirer le fromage alors qu’il adore ça); c’est tout l’art du naturopathe d’individualiser ;
  • cette correction est complétée avec des compléments naturels type super-aliments (on ne parle pas ici de compléments alimentaires, attention, même si ces derniers peuvent être parfois nécessaires) du type algues, germe de blé, pollen,… ;
  • passage en revue des éléments dévitalisants (tabac, alcool, pollutions, excès de médicaments, surmenage, sédentarité,…) pour les limiter voire les éliminer en accord avec le client
  • introduction d’éléments vitalisants (plus de « nature », exercices physiques, alimentation crue, arts, voyage, activités sociales,…)

Cette cure s’effectue jusqu’à amélioration, de ce fait, elle peut être longue à se mettre en place, presque une vie mais quel chemin vous aurez parcouru en regardant dans le « rétroviseur ». On en revient à l’essence du métier de naturopathe qui est, selon moi, un coach d’hygiène de vie, véritable catalyseur pour votre mieux-être.

La cure de stabilisation

Cette 3e cure serait comme un objectif en soi. Il est rare d’en arriver là tant nos modes de vie nous « rattrapent », tout en étant délétère pour nous (et une partie de nous-même, plus ou moins grande, le sait infiniment). Ça pourrait être décourageant en fait alors il y a une autre façon de la voir, plus optimiste et aussi plus réaliste.

La stabilisation c’est intégrer durablement ce qu’on a expérimenté et intégré lors des deux autres cures (même des toutes petites choses comme prendre un bon bain chaud, s’accorder 1h rien qu’à soi). C’est davantage un « plateau » qu’une cure en soit. Plateau nécessaire à la mise en place progressive et constante de nouvelles habitudes de vie. C’est la prise de conscience de ce qui est bon et moins bon (pour ne pas dire mauvais) pour nous et c’est pérenniser tout ça.

Pour conclure…

A l’issue de la première consultation avec un naturopathe, vous serez amené à davantage suivre les axes d’une cure pour ensuite enchaîner sur une autre. Ma pratique me montre que la première des cures est souvent celle de revitalisation tant nos modes de vie nous carencent à petit feu en vitamines et minéraux, notamment

L’on voit bien que ces cures s’enchaînent voire s’entremêlent parfois. Il ne s’agit pas d’être rigoriste mais de voir vos progrès, toujours encadrés par un professionnel de santé.

A votre santé (un peu facile mais je me devais de la faire une fois)

Merci encore pour votre fidélité, vos commentaires me sont précieux également.

Laurent LE GOFF

Pourquoi des aliments vivants, bio et non-raffinés?

On en vient à une question centrale en fait : pourquoi les naturopathes sont-ils tellement attachés à l’alimentation vivante et pourquoi préconisent-ils autant les fruits et les légumes?

Alimentation morte, alimentation vivante

Tous les produits industriels (burger en fast-food, gâteaux, biscuits, plats cuisinés, pizza surgelées,…) sont des aliments morts. Morts car ils n’apportent pas grand chose, voire rien à votre organisme, ni vitamines, ni oligo-éléments. Leurs allégations sur le packaging c’est du marketing. Personnellement, je voudrais vous faire croire qu’il y a de la vitamine A dans les céréales du petit-déjeuner, je le mettrai en gros sur le paquet, peu importe que ces céréales soient bourrées de sucres. Ça suffit à duper la majeure partie de la population. Alors, bien sûr ça apporte des choses mais de mauvaise qualité et c’est dommage.

Au contraire, un aliment vivant apporte de la matière de qualité à votre organisme. Il ne faut pas trop le dénaturer du coup. La cuisson détruit un paquet de vitamines et d’oligo-éléments; c’est la raison pour laquelle, plus c’est cru, mieux c’est. Le concept de « cuidité » (légume encore ferme mais légèrement cuit) prend donc son sens et celui de cuisson à la vapeur douce aussi. Commencer le repas par une base crue (carotte, concombre, tomate,…) va vous permettre d’emmagasiner les nutriments (vitamines, minéraux) et surtout les enzymes et les fibres.

Focus sur les enzymes

Vous en connaissez déjà : les enzymes digestives qui dégradent les protéines en acides aminées par exemple. Il y en a pleins et elles permettent toutes les réactions biochimiques dans le corps. Une carence enzymatique c’est embêtant pour la santé du coup. Si je reprends l’exemple des enzymes digestives, si on en manque, ca va entraîner une maldigestion donc des douleurs, une malabsorption et donc des carences mais en vitamines et minéraux cette fois.

Or, manger cru va apporter des enzymes contenues dans les fruits et légumes. Si on apporte des enzymes en début de repas, la digestion se fera plus facilement et surtout le corps aura les éléments nécessaires à son bon fonctionnement.

Une graine cuite ne poussera jamais même dans la meilleure terre au monde. Pourquoi? Car la cuisson a détruit les enzymes qui lui permettent de pousser et germer.

Focus sur les fibres

Il en existe pas mal de sortes mais retenez seulement que c’est la nourriture de nos bactéries, de notre flore intestinal maintenant appelée microbiote. Si vous apportez des fibres, le microbiote est satisfait et pourra faire son job qui est colossal et crucial pour votre santé (synthèse de certaines vitamines, rôle sur la glycémie, sur l’immunité,…). Une alimentation pauvre en fibres et c’est l’appauvrissement du microbiote assuré avec des conséquences en cascade, délétères pour votre corps. On a même découvert que certaines de ces fibres étaient dégradées par le microbiote et que le produit de cette dégradation est bon pour nos intestins. Ça veut donc dire que deux éléments étrangers (fibres + bactéries) donnent un produit bon pour notre corps. C’est fou quand même. Un peu comme « moins plus moins égale plus » en mathématique.

Quand on prend un jus de fruit, généralement il n’y a plus les fibres. C’est dommage car les fibres ont un effet hypoglycémiant, c’est-à-dire qu’elles permettent un meilleur contrôle du taux de sucre dans le sang. En fait, les fibres viennent contrebalancer le sucre du fruit. Il vaut donc mieux prendre un jus de fruit pressé (avec pulpe) plutôt qu’un jus tout fait. Au final, un jus filtré c’est beaucoup de sucre.

Je vais vous avouer une chose : des fibres, il n’y en a ni dans le Nutella, ni dans la viande. Le seul endroit où on en trouve beaucoup, c’est dans les légumes, les épices, les noix mais aussi dans les légumineuses (lentilles, pois). Ne changez pas toute votre alimentation du jour au lendemain car ça risquerait de provoquer des douleurs mais commencez petit à petit à mettre des fibres dans votre alimentation et augmentez progressivement.

Donc le vivant apporte la vie (enzymes, fibres, nutriments)…c’est plutôt bien pour être en forme ça

Et pourquoi faut-il que ce soit bio?

Il faut revenir à l’essentiel, à ce que faisait les gens qui avaient encore du bon sens. Les légumes et fruits issus de l’agriculture biologique ont été traités sans pesticide, sans herbicide (aussi bien pour leur production que pour leur conservation). Or ce sont, pour la plupart, des substances chimiques donc non reconnues par le corps (on y revient) donc tout simplement dangereuses. Le glyphosate en est un bel exemple. Et à ceux qui me répondront qu’il peut y avoir des traces de ces produits dans les fruits et légumes du logo AB, je répondrai qu’il y en aura toujours moins que dans l’agriculture conventionnelle. L’Espagne s’est lancée dans l’agriculture biologique intensive et il faut fuir les produits en provenance de ce pays (que j’apprécie par ailleurs), surtout en hiver.

J’en profite pour préciser le fond de ma pensée : je trouve anormal qu’on dise « agriculture biologique ». On devrait inverser le paradigme et dire « agriculture chimiquée » au lieu d’agriculture conventionnelle. Ça ferait réfléchir les gens. La monoculture, les pesticides et toutes les techniques pour augmenter les rendements ont tellement appauvris les sols qu’il n’y a plus grand chose qui passe dans le légume ou le fruit. Il est quasi-mort, avant même d’être récolté.

L’agriculture bio respecte les sols qui apportent les nutriments aux fruits et légumes qui poussent dedans. Elle respecte la terre avec des techniques plus naturelles (utilisation de coccinelles pour tuer les pucerons, par exemple) qui ne viennent pas dénaturer les légumes. Généralement, les légumes bio ont plus de goût et sont remplis de bonnes choses : vitamines, minéraux, enzymes et anti-oxydants.

A l’heure où beaucoup de gens se demandent ce qu’ils peuvent faire pour notre planète, manger bio est déjà une réponse.

Et c’est quoi ça le raffinage? Pourquoi c’est pas bon?

Encore une fois, on s’est écarté de la nature. Une céréale c’est une graine (ou amande) et du son (ou l’enveloppe si vous préférez). Comme vous pouvez le voir sur l’image ci-dessous. Il y a aussi le germe qui contient les enzymes comme évoqué plus haut.

La graine c’est de l’amidon donc du sucre, le germe apporte des éléments nutritifs (protéines notamment) et des enzymes. Le son, quant à lui apporte des fibres qui sont indispensables comme on l’a vu plus haut. Or, pour des raison de simplification du traitement, on a commencé à retiré le son des céréales pour faire des préparations culinaires, des biscuits, du pain blanc, des pizza. Tout est dévitalisé, mortifié pour faciliter les processus industriels comme le stockage et le transport, entre autre. On a donc retiré un élément naturel et indispensable à l’équilibre nutritionnel (fibres, vitamines,…) de la céréale qui est dite « raffinée ». Encore une fois, on s’est éloigné de la nature.

Pour être très concret, le raffinage fait perdre, à peu près :

  •   100% de la vitamine A, E, B2 et les fibres
  •   75% du phosphore
  •   50% du calcium et du fer
  •   75% des vitamines B1, B3 et B6
  •   50% de la vitamine B5.

Pour info, les vitamines B sont essentielles aux mécanismes énergétique du corps en général et au système nerveux en particulier.

La céréale raffinée est donc carencée par nature et l’alimentation dont elle est l’origine le sera également. Elle provoquera également des pic de glycémie donc des troubles métaboliques, qui normalement sont contrebalancés par les fibres, absentes ici.

Dans les super-marchés, vous trouverez de la farine blanche (T45 à T80), semi-complète (T110), complète (T130) et intégrale (T150). Vous pourrez voir.

Un des intérêts du pain complet (au delà des aspects nutritionnels) c’est sa conservation : beaucoup plus longue d’une baguette de pain. Faites en l’expérience.

Concrètement, on fait quoi?

Vous revenez au brut, au naturel et au bon sens pour faire le plein des éléments dont votre corps à besoin pour vivre :

  • Vous achetez vos fruits et légumes (et tout ce que vous pouvez, en fonction de votre budget) en bio.
  • Vous traitez les produits le moins possible. Ça veut dire qu’on le laisse à l’état le plus naturel possible. On garde le son des céréales, on garde la peau des légumes et des fruits (pas les oranges quand même ;-)), des amandes, des noisettes,…On ne cuit pas trop fort et plus longtemps si nécessaire, idéalement à la vapeur.
  • Vous privilégiez les fruits entiers aux compotes. Idem pour les légumes frais aux conserves (si conserves, uniquement dans des pots en verre),…
  • Vous passez au pain semi-complet (au début), puis complet pour faire de cet aliment un vrai « plus » nutritionnel. On l’achète bio car sinon, il y a des pesticides dans le son. C’est un vrai geste santé de passer de la baguette à du pain complet.

L’alimentation c’est pas un geste automatique, c’est prendre soin de son corps. C’est un geste écologique, certains disent même spirituel. Je ne sais pas trop mais ce dont je suis persuadé c’est que prendre conscience de ce que propose l’industrie agro-alimentaire est nécessaire. Le pouvoir du consommateur est immense (voyez comme l’aplication Yuka a changé la façon de faire ses courses et faire réagir les industriels)!!!

Le lien entre alimentation bio et baisse de risque du cancer de l’ordre de 25% a notamment été publiée au JAMA Internal Medicine du 22 octobre 2018. Etude française de l’INRA et l’INSERM.

Par ailleurs, le lien entre alimentation transformées et risque de cancers a été établi par l’étude NutriNet-Santé en France en 2018.

Il ne s’agit pas de faire peur, il s’agit d’être informé pour agir en conséquence.

Encore merci de votre fidélité.

Laurent LE GOFF

Naturopathie : les 5 « ismes »

Même si la naturopathie n’a, en France, « que » 70 ans, à peu près. Elle est la suite logique d’une longue tradition de médecines traditionnelles qui ont fait leur preuve à travers les âges.

Elle est en quelque sorte la synthèse de deux tendances :

  • les traditions de médecines d’abord, dont les plus connues sont la Médecine Traditionnelle Chinoise et la Médecine Ayurvédique d’Inde. Mais il ne faut pas oublier les médecines traditionnelles d’autres régions : tibétaine, andine, arabe, amazonienne, amérindienne,…
  • l’hygiénisme européen (Salmanoff et Kuhne pour leurs travaux sur la balnéo, Knapp et sa méthode du même nom, Carton pour son travail de réhabilitation des grands principes d’Hippocrate, Kousmine et Seignalet pour leurs travaux sur les maladies auto-immunes) et l’hygiénisme américain avec McFaden, Shelton et son régime bien connu et bien d’autres,…. A noter que l’hygiénisme américain était plus rigoriste (les fameux Quakers en font partie) .

En France, la Naturopathie a été synthétisée par un biologiste et professeur de philosophie, Pierre-Valentin Marchesseau à partir de ces deux courants. Il a œuvré, à partir des années 30 et jusqu’en 1994, à sa mort. Quasiment tous les directeurs d’écoles sérieuses de naturopathie ont été formés par lui.

Mais revenons à notre sujet après ce bref historique. La naturopathie c’est remettre le corps en selle, lui faire comprendre sa faculté exceptionnelle à se réparer tout seul, avant qu’il n’atteigne un état lésionnel trop avancé, bien entendu. Ceci peut paraître un peu fou de le croire mais si les mesures d’hygiène que nous préconisons sont mises en place le plus tôt possible, nous pensons (nous en avons la certitude même), le corps peut fonctionner en bon santé pendant longtemps.

La naturopathie, c’est une science (pas une médecine) de la physiologie du corps et des mesures à prendre conforme à cette physiologie. J’y reviendrai dans un post plus long. Mais, par exemple, nous sommes constitués physiologiquement pour marcher entre 15 et 20 kms par jour. Qui le fait? Sans cet exercice physique indispensable, nous éliminons moins, nous ne mettons pas d' »huile » dans nos articulations qui dépérissent à partir de 60 ans, au mieux. Voilà, c’est ça la naturopathie, c’est revenir au bon sens qu’on a largement perdu.

C’est une science sérieuse qui, comme tous les domaines scientifiques, se base sur des grands principes, on les appelle les 5 -« ismes » car ces notions se terminent toutes par -isme.

Puisque c’est une science, elle se base sur une philosophie, un fil rouge, une vraie pierre angulaire. Cette pierre c’est le Vitalisme, peut être la plus difficile à admettre. Le naturopathe, je l’ai déjà évoqué, croit à la faculté d’auto-guérison du corps car dans ce dernier sommeille une véritable force de vie, un élan vital qui ne s’échappe qu’à la mort. Toutes les traditions en parlent : le Qi chinois et japonais, le Prâna indien pour les plus connues. Cette force vitale préside à l’homéostasie du corps, au delà des seules réactions chimiques. Il y a un côté clairement spirituel dans ce concept. Certains y croit et d’autres non : on peut s’entendre quand même 😉 et ce n’est pas parce que vous n’y croyez pas qu’il faut vous empêcher de voir un naturo. Les ostéopathes, les acupuncteurs et d’autres intègrent également ce concept dans leur façon de soulager les clients.

C’est donc une science qui se base sur la physiologie : celle des « humeurs » comme disait Hyppocrate. On parle d’Humorisme. Ces humeurs là n’ont rien à voir avec la psy ou le caractère d’une personne. Non les humeurs ce sont les liquides dans le corps : le sang, la lymphe, le liquide dans lequel baigne les cellules (lymphe interstitielle) et le liquide dans les cellules (le cytoplasme, rappelez-vous vos cours de biologie ;-)). A eux 4, ces liquides représentent 70% du poids du corps. Vous ne vous baignerez pas dans un bain d’eau sale voire croupie? Et bien vos cellules non plus. Or les excès (de table par exemple), le stress, les émotions négatives mais aussi les carences (nous avons évoqué les carences en magnésium et en vitamine D mais il y en a d’autres), le défaut de circulation…perturbent ces liquides qu’il faut impérativement filtrer pour faire sortir les toxines (c’est le rôle du foie, de la lymphe et des reins). Il s’agit de ne pas s’encrasser en fait.

Alors comment faire si l’enjeu est que ces liquides soient le plus sains possible? Il faut des techniques évoquées déjà dans un précédent post : l’alimentation, bien entendu (pour faire rentrer des bonnes choses dans le corps), l’exercice physique (pour activer la circulation des liquides et permettre leur évacuation,…), la santé psycho-émotionnelle pour que stress et émotions ne viennent pas perturber l’équilibre globale, et tant d’autres,…On parle ici d’Hygiénisme car ce sont toutes les techniques d’hygiène qui vont aider à faire ce boulot. Je vous laisse reprendre le post sur les 10 techniques.

Comme toute science, il faut une méthode pour arriver à ces fins, à savoir le mieux être du client, voire son rétablissement. Ici encore, nous revenons aux bases de la médecine ; Hippocrate disait « « Si quelqu’un désire la santé, il faut d’abord lui demander s’il est prêt à supprimer les causes de sa maladie. Alors seulement il est possible de l’éliminer« . Il faut trouver l’origine de la maladie, la cause…c’est le Causalisme. La naturopathie n’est pas une médecine anti-symptomatique, au contraire, c’est une médecine de terrain. C’est la raison pour laquelle, une migraine ne sera pas traiter avec un « anti-migraineux » mais avec une detox du foie par exemple (lorsqu’il s’agit de migraine hépatique). La cause crée le désordre qui peut apparaître à différents endroits selon les personnes. Mais toujours, éliminer la cause éliminera le trouble. Parfois il faut même aller chercher la cause de la cause (dans notre exemple un excès d’alcool par exemple qui provoque des problèmes au foie). Et parfois encore la cause de la cause de la cause (dans notre exemple, une addiction à l’alcool pour des raisons psy => le naturopathe se fera alors aider par un professionnel de ce domaine). Nous sommes loin de la démarche de notre médecine de ville, vous en conviendrez.

Enfin, dernier pilier de la naturopathie, il faut voir l’être humain dans sa globalité. Car nous ne sommes pas seulement de la chair et des os, nous sommes des émotions, des pensées, des bactéries (le microbiote ou flore intestinale), des atomes, de l’énergie (des atomes en somme), des croyances plus ou moins religieuses ou spirituelles ou athées (ce qui est une croyance),…Nous sommes un tout indissociable, une somme de plusieurs plans, cinq plans pour être précis : le plan physique, le plan psychologique, le plan émotionnel, le plan énergétique et le plan spirituel. On parle d’Holisme (de holos, en grec qui veut dire « tout, entier »). Là encore, aucune nécessité d’y croire (généralement les 2 derniers plans – énergétique et spirituel – sont d’une approche encore plus subjective) mais le naturopathe se doit se prendre en compte ces différentes dimensions pour essayer de trouver la cause du trouble (dans notre exemple précédent, une migraine sur le plan physique a pour cause un souci sur le plan psychologique). Si vous regardez le logo de TWO BE, c’est un pentagramme qui représente ces 5 plans de l’être.

Voilà, je tiens à ces articles pour que vous compreniez notre vision des choses. J’espère que ça vous aura intéressé. N’hésitez pas à commenter.

Merci encore de votre fidélité.

Chaleureusement

Laurent LE GOFF